"Ici, on partage la rue" : la ville de Rennes lance une campagne pour rappeler les règles

Entre piétons, trottinettes, cyclistes et automobilistes, la cohabitation ne roule pas tout seul. Les flux augmentent, les incivilités aussi. La Ville de Rennes lance une campagne de communication pour rappeler les règles. Priorité au respect.

Nos actus
Valérie Faucheux, adjointe à la Maire en charge des mobilité présente la campagne du "partage de la rue"

Droits réservés : Franck Hamon, Rennes Ville et Métropole.

Une trottinette qui dévale le trottoir. Un vélo qui grille un feu. Une voiture qui occupe le passage piéton. C’est le quotidien d’une ville dense, mobile. Où le risque de collision augmente à mesure que les déplacements s’intensifient.

Le temps où la voiture accaparait 80 % de la voirie est révolu. Les piétons ne rasent plus les murs, À Rennes, 43 % des trajets se font à pied. Et de plus en plus à vélo. La période post-covid a fait naître des pistes cyclables, provisoires puis pérennes. Le nombre de cyclistes a doublé en cinq ans.

Trottinette en tête, ceux qu’on appelle les "nouveaux véhicules électriques individuels" - comme le gyropode, l’hoverboard - gagnent aussi du terrain. Sans parler du vélo électrique qui a remis du monde en selle. Sans oublier la reconfiguration du réseau STAR qui a changé les habitudes. « Ces flux multiples se croisent à des vitesses variables, en de très nombreux endroits d’un espace public qui se transforme tous les jours. Mais souvent avec un temps de retard sur les usages », observe Laurent Fouillé, sociologue et urbaniste.

La ville moins lisible, le code de la route en rajoute une couche. « On a introduit le double-sens cyclable, les zones de rencontre, le tourne-à-droite cycliste, le sas vélo… Ça fait beaucoup d’infos, de nouveaux panneaux pour ceux qui ont passé leur code il y a longtemps ».

Bonne conduite

La ville apaisée cèderait-t-elle à la loi de la jungle ? Pas encore mais les infractions sont visibles. « Celles-ci génèrent parfois des accidents graves mais surtout un sentiment d'insécurité. Et ce sont les plus vulnérables qui en pâtissent », appuie Valérie Faucheux, adjointe aux mobilités et aux déplacements.

Parfois les esprits s'échauffent. Sonnettes et klaxons retentissent. « Mais les foules finissent toujours par s'adapter à la densité. Regardez les villes d'Asie, temporise Laurent Fouillé. L'accidentologie augmente finalement moins vite que les usages ». La cohabitation s'apprend malgré tout. D'où la campagne de sensibilisation lancée par la Ville de Rennes sur l'espace public, la presse et les réseaux.

Avec de nouveaux panneaux et un rappel des règles. « À vélo, à pied ou en voiture, chacun peut faire des erreur, concède Valérie Faucheux. Le comportement qui compte, c'est la prudence, le respect, la tolérance, la courtoisie. La priorité est aux plus vulnérables ». Le trottoir ? Réservé aux piétons. La trottinette ? Sur les pistes cyclables. Le halage ? Obligation de ralentir en présence de promeneurs.      

Olivier Brovelli

La campagne en image :

À lire aussi :