Réseau de chaleur : pourquoi des pannes de chauffage à Rennes ?

Fin 2025, les habitants des quartiers sud de Rennes ont subi une série de pannes sur le réseau de chauffage urbain. Données techniques, vétusté d'une partie du réseau et la météo expliquent ces incidents. Un programme de modernisation doit permettre de solutionner ces problèmes. Explications.

Actualités

Le réseau primaire du Sud de Rennes a subi une succession inédite de sept fuites en quinze jours, dont une majeure le 25 décembre 2025 ayant privé momentanément 20 000 foyers de chaleur. Trois facteurs expliquent cette fragilité :

  • la vétusté d'une partie du réseau, sur des canalisations âgées de plus de 50 ans.
  • le passage en basse pression : durant l'été, 80 sous-stations ont été modifiées pour abaisser la température de l'eau de 180°C à 110°C. Ce changement de régime, qui assure une meilleure stabilité sur le long terme, sollicite davantage les canalisations les plus anciennes.
  • la météo : certaines journées particulièrement froides ont nécessité une augmentation de la puissance et de la pression, provoquant des ruptures sur quelques points fragiles du réseau.

Des solutions en urgence…

Pour rétablir le service, les équipes d'Enersud (lien externe) et d'ENGIESolutions (lien externe) se sont mobilisées pour procéder aux réparations d'urgence et ont compensé certaines défaillances techniques en augmentant la puissance des chaufferies de secours.      

… et un programme de modernisation

Au-delà des interventions ponctuelles, le réseau de chaleur urbain fait l'objet de travaux pour assurer sa modernisation et sa pérennité. Le chantier actuellement en cours est prévu jusqu'en 2030 et prévoit :

  • sur les 48 km du réseau, 15 km sont à remplacer sur la période 2025 à 2030. Elles se situent dans les secteurs de la gare, du Colombier, de Bréquigny et de la Poterie.
  • en complément, pour apporter des sources de chaleur supplémentaires au réseau, qui sera aussi étendu pour raccorder de nouveaux bâtiments, 2 nouvelles chaufferies seront raccordées (Colombier en 2026 et Courrouze en 2029). La chaufferie du Blosne sera modernisée et agrandie.
  • le maillage du réseau sera renforcé pour permettre, en cas de fuite localisée, de dévier la circulation d'eau chaude pour éviter les coupures généralisées.
  • à la fin de ces travaux, l'âge moyen du réseau passera de 34 ans (actuellement) à 14 ans.

Le réseau de chaleur en bref

C'est un système de distribution de chaleur à grande échelle. La chaleur est introduite dans un réseau souterrain sous forme d’eau qui circule à haute température en circuit fermé et qui est sans cesse réutilisée.

Concrètement, des unités de production (des chaufferies utilisant le bois, le gaz ou la combustion des déchets ménagers) chauffent de l'eau à haute température. Cette eau chaude est transportée par un réseau primaire (public) de canalisations jusqu’au pied des immeubles. Là, des sous-stations (points de livraison) transfèrent cette chaleur vers le réseau secondaire (privé), pour alimenter les radiateurs et l'eau chaude des logements.

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