J'étais artiste chorégraphe à Rennes. La Ville avait organisé une conférence sur les mutilations génitales, et avec des élèves, nous y sommes allées. La violence des mots que j'ai entendus ; « crime », « acte de barbarie », m'a bloquée. Fille et petite-fille d'exciseuses, je ne le percevais alors pas ainsi. J'ai grandi à Man, en Côte-d'Ivoire, la région la plus touchée par l'excision. Par contre, je me reconnaissais dans la douleur physique, l'accouchement difficile. J'ai réalisé que si on voulait que les choses changent, on ne pouvait pas utiliser ces mots. Pour militer et avoir des résultats, il fallait une stratégie, se mettre à la place des exciseuses. Le rôle d'Acza est de faire passer notre message avec délicatesse. J'ai eu du mal à me faire comprendre au début puis, une élue m'a fait confiance... Si mon combat existe aujourd'hui c'est grâce au soutien de la Ville de Rennes.
L'association rennaise Acza lutte contre l'excision depuis 20 ans
Ici et en Afrique, Acza accompagne les personnes exposées, conseille les professionnels, soutient les parents protecteurs et la reconversion des exciseuses. Entretien avec sa directrice, Martha Diomande.
ActualitésDroits réservés : Marilyne Gautronneau, Rennes Ville et Métropole
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