Fin de l’alerte orange en Ille-et-Vilaine : la décrue s'amorce et les services restent mobilisés

Ce lundi 23 février, la décrue se généralise sur l'ensemble des cours d'eau du territoire, en conséquence, le niveau d'alerte orange est levé. Les opérations de nettoyage vont se poursuivre. Les services de la ville et les pompiers d'Ille-et-Vilaine restent à votre écoute.

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À Rennes, un collectif accompagne les funérailles des sans-abri pour leur offrir une dernière dignité

Né d’une révolte face à l’indifférence, le collectif rennais Dignité cimetière accompagne depuis 1985 les funérailles des personnes sans ressources ou isolées. Pour que nul ne parte dans l’anonymat, ses membres mènent chaque “enquête de voisinage” comme un geste d’humanité — ultime lien contre l’oubli.

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Pas question de passer de la rue à la tombe en silence. Patrick se souvient d’une époque où l’on enterrait les copains dans leurs habits sales, sous un tas de terre, juste avec un numéro. De ce sentiment de révolte est né le collectif Dignité cimetière. C’était 1985.

Depuis les choses ont changé. Aux personnes sans ressources et/ou isolées, la Ville de Rennes assure la prise en charge des obsèques et une sépulture décente. Mais le collectif est toujours sur le pont : On ne veut laisser personne partir seul.

Fleurissements des tombes, lecture de poèmes...

Constitué d’une quarantaine d’adhérents dont plusieurs ont connu la rue, Dignité cimetière intervient lors de la préparation des funérailles et de la cérémonie. Prévenus par le service funéraire de la Ville de Rennes, ses membres assistent à l’hommage, parfois le conduisent dans la salle de recueillement du cimetière de l’Est. Généralement, on est une vingtaine. Ils fleurissent la sépulture, lisent des textes, des poèmes écrits de leur main ou passent de la musique. Comme des proches le feraient. On respecte les volontés du défunt si on les connaît, complète Jean-Claude. Ses convictions religieuses aussi que l’on matérialise par une croix ou un triangle blanc.

Incontournable, l’enquête de voisinage permet de glaner des informations sur la personne décédée dans l’anonymat - son métier, ses passions… Ce qui nous aide à personnaliser la cérémonie, à mettre un visage sur un nom. Elle permet souvent de retrouver des membres de la famille, des amis, alors conviés à temps aux obsèques.

57 enterrements de personnes de personnes SDF ou isolées

En 2025, le collectif a participé à 57 enterrements de personnes SDF ou isolées. Tous les ans à la Toussaint, ses membres viennent fleurir les tombes. Régulièrement, le collectif organise des célébrations de rue. Ces cérémonies en hommage à des sans-abris sont le moment de glisser un mot, un dessin là où elles ont vécu pour dire qu’on ne les oublie pas.

Avec le temps, le shoot d’humanité de Dignité cimetière a fait des émules. Sous son impulsion, une charte promettant des obsèques dignes aux personnes isolées sous tutelle a été signée en 2021 avec le Département d’Ille-et-Vilaine. La Bretagne compte désormais 13 collectifs inspirés par son expérience, notamment à Chantepie et Vern-sur-Seiche.

Olivier Brovelli

Le service solidarité de la Ville

Réservé aux personnes dépourvues de ressources et /ou isolées au moment du décès, le dispositif "solidarité" du service funéraire de la Ville de Rennes prend en charge les obsèques - faire-part, cérémonie civile ou religieuse - ainsi que l’inhumation - pose de la croix avec une plaque nominative puis d’une dalle en granit huit mois après les obsèques – dans un emplacement gratuit pour une durée de huit ans.

À Rennes, il n’existe pas de terrain commun dédié aux sépultures des personnes démunies.