Fin de l’alerte orange en Ille-et-Vilaine : la décrue s'amorce et les services restent mobilisés

Ce lundi 23 février, la décrue se généralise sur l'ensemble des cours d'eau du territoire, en conséquence, le niveau d'alerte orange est levé. Les opérations de nettoyage vont se poursuivre. Les services de la ville et les pompiers d'Ille-et-Vilaine restent à votre écoute.

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L'art de Marcel Dzama fait voyager au pays des rêves à La Criée à Rennes

Marcel Dzama expose une sélection de ses œuvres à La Criée  à Rennes jusqu'au 10 mai 2026. L'occasion de découvrir l'univers onirique de cet artiste pluridisciplinaire peu connu en France. 

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Le voyage dans la Lune est un célèbre film de Georges Méliès sorti en 1902. C'est aussi le titre de la nouvelle exposition présentée à La Criée à Rennes jusqu'au 10 mai 2026. Elle plonge dans l'univers onirique d'un artiste canadien méconnu en France : Marcel Dzama. 
Le clin d'œil au maître du septième art n'est pas anodin : l'exposition s'articule autour d'une quinzaine de films de Marcel Dzama, dont deux œuvres majeures Une danse des bouffons (2013) et To live on the Moon (for Lorca) (2023). Des maquettes, des dessins et des costumes complètent cette sélection en reprenant les mêmes thèmes.       

Motifs récurrents

On retrouve dans plusieurs œuvres l'astre cher à Méliès. Pour Marcel Dzama, la lune est non seulement une référence cinématographique mais aussi le souvenir d'une expérience personnelle. Ce motif est venu après un voyage au Maroc. Avec mon fils, on était perdus dans un kasbah et la lune était notre seul repère pour s'orienter explique l'artiste pluridisciplinaire de 51 ans.

D'autres motifs se répètent, comme les costumes à pois empruntés au ballet Relâche écrit par Francis Picabia en 1924, ou encore les danseurs et danseuses hérités d'une collaboration entre Marcel Dzama et le New York City Ballet.   

Dans son univers, les arts s'entremêlent. Il n'existe pas de frontière entre la musique, le cinéma, les arts graphiques. Chaque film, chaque dessin fait référence à d'autres œuvres. Tout est interconnecté. C'est une boucle sans fin résume Sophie Kaplan, directrice de la Criée et commissaire d'exposition avec Eugenia Lai. 

De Duchamp à Oz

Ici, un mannequin est perché sur un socle mouvant, un hommage à l'art cinétique (en mouvement) de l'artiste Marcel Duchamp. Là, les yeux de l'actrice Catherine Deneuve se glissent dans un dessin, tandis que Bollywood (le Hollywood indien) et Le Magicien d'Oz s'invitent dans un autre dessin. 

L'exposition brouille aussi les frontières entre les coulisses de la fabrique et le résultat précise Sophie Kaplan. Les extraits des storyboards - ensemble de dessins reprenant le séquençage d'un film - et des carnets de croquis dévoilent la matrice des projections vidéo. Le tout forme un ensemble logique et naturel complète l'artiste.

Poétique et politique

Né en 1974 à Winnipeg, Marcel Dzama s'est fait connaître à la fin des années 90 grâce à son style particulier qui emprunte aussi bien au surréalisme qu'aux mythes folkloriques et à ses propres voyages.   

Installé à New York depuis une vingtaine d'années, l'artiste évoque parfois dans son œuvre onirique le tournant politique pris par les États-Unis. Sur un mur tapissé d'aquarelles où figurent des danseurs et des danseuses, une tête de veau attire l'œil. C'est une référence (encore une !) au tableau de Francis Picabia L'adoration du veau (1941-1942), qui était lui-même un clin d'œil au collage Le dictateur réalisé en 1937 par le photographe allemand Erwin Blumenfeld pour dénoncer la montée du nazisme. Sur le dessin de Marcel Dzama, le veau est accompagné de Donald Duck. Je me retrouve à faire de l'art politique sans en avoir vraiment envie, confie-t-il. Pour moi, c'est une manière de me libérer de ma colère.