Dooinit Festival à Rennes : dédié à la culture hip-hop depuis 2010

On va voir quoi cette année au Dooinit ? Hip-hop, soul, jazz, RnB, house ? Un concert, une conférence, une séance d’écoute, de la danse ? Nous avons posé la question à Charles Songue, fondateur et programmateur du festival qui aura lieu du 20 au 28 mars 2026. Et vous savez quoi ? Ça va être dur de choisir !

Nos actus

Chaque nouvelle affiche du Dooinit Festival est attendue comme le retour du printemps. Qu’on soit puriste ou néophyte, c’est une occasion unique de s’immerger dans la culture hip-hop pendant huit jours. Avec sa programmation exigeante mais pas excluante, le rendez-vous rennais invite depuis seize ans des monuments de la musique et attache une grande importance à la transmission de la culture afro-américaine. Cette année ne fera pas exception.

From coast to coast

Vendredi 27 mars 2026, le public de la salle de la Cité aura de quoi se sentir privilégié.

Côté ouest : le son fédérateur des Cali Agents, duo formé en 2000 par les rappeurs Planet Asia et Rasco. "Je les suis depuis leur premier album", se rappelle Charles Songue, programmateur et fondateur du festival. "Et même avant, quand ils avaient chacun leur carrière solo. C’était l’époque où je me faisais ma culture chez Downtown Records, la boutique de DJ Haze." Les Californiens font partie des dignes représentants du hip-hop underground façon west coast, au même rang que The Pharcyde, Dilated Peoples ou Jurassic Five : "un son qui rassemble, dédié à la culture."

Côté Est : Cormega et Marley Marl, tous les deux élevés à Queensbridge (New York), figures ultra-respectées du hip-hop underground. "Pour nous autant que pour les artistes qui vont jouer le même soir, c’est un honneur. Ce sont des légendes.Marley Marl, DJ radio et producteur, pionnier du sampling (lien externe), est une des figures du mythique Juice Crew créé dans les années 80.

Ayant grandi dans la violence, Cormega a fait de sa carrière totalement indépendante un symbole de résilience. Cette date à la Cité sera une de ses premières en France, un moment rare de célébration de la culture hip-hop, 25 ans après son premier album The Realness, "un classique."

Navigant d’une côte à l’autre sur leur petit nuage jazz-hop, Substantial et Marcus D forment Bop Alloy, un duo à la bonne humeur contagieuse, marchant dans les pas du regretté producteur japonais Nujabes. La rappeuse rennaise Suz sera quant à elle chargée d’ouvrir le bal : "C'est une pépite. Je voulais la programmer depuis que je lui ai donné mon vote lors du tremplin Buzz Booster  (lien externe)!"

Body and soul

Mercredi 25 mars 2026, c’est au Jardin Moderne qu’il faudra être pour sentir son esprit s’envoler. Une soirée en apesanteur, consacrée aux plus belles voix de la soul moderne : "Anaiis et Allysha Joy sont des artistes engagées, qui prennent la parole pour défendre quelque chose sur scène." Des ponts sont jetés entre les genres, avec toujours le même message d’unité : "Après avoir programmé beaucoup de jazz, nous avions envie d’explorer autre chose avec la scène new soul."

C’est toujours à votre âme qu’on s’adressera samedi 28 mars 2026 au BAM, quoique vos pieds seront fortement sollicités. Le DJ Marcellus Pittman partagera sa vision de la house de Detroit, une histoire qu’il a en partie contribuée à écrire : "On parle de soulful house car elle s’inspire de la soul et de la disco. C’est une musique afro-américaine, on l’oublie souvent."

"Body and soul", le corps et l’esprit : ce pourrait être le mantra du Doiinit Festival, qui s’adresse en permanence à l’un puis à l’autre. La battle de hip-hop "Show me what you got" du samedi est devenue une référence dans le milieu de la danse, à tel point qu’elle affiche complet dès son annonce.

Pour celles et ceux qui n’auraient pas obtenu de billet, consolez-vous avec la soirée du collectif The Sound is yours, vendredi 20 mars 2026 à la salle de la Cité : "Leurs soirées sont dingues, ils arrivent à faire danser tout le monde en trois secondes en passant par plein de styles différents !"

Pour un moment plus introspectif, c’est au CCNRB qu’il faudra se rendre, poser un casque sur ses oreilles et apprécier les 80 minutes de l’album Voodoo, de D’Angelo. Un plaisir d’audiophile à partager : "pour le kif de se déconnecter, écouter un des plus beaux albums du monde dans son intégralité et en parler ensemble avec le journaliste Raphaël Da Cruz, une pointure."

Mais encore...

Le jazz de Namas, trio signé sur le label Dooinit ; la soul de Sleen, artiste rennaise prometteuse ; celle de la nantaise Keysuna ; une rencontre autour du magazine Ghotam et du label du même nom en présence de Rocé ; des artistes rennais pour une tournée des bars avec le collectif Bar-Bars… On vous avait dit qu’il serait difficile de choisir ?