Le coton, qui nécessite moins d’étapes de transformation, a supplanté les plantes fibreuses du pays de Bécherel. L’industrialisation a fait le reste. Le commerce du lin et du chanvre s’est considérablement ralenti au 19e siècle, avant de s’éteindre complètement.
L’histoire s’est arrêtée à Cardroc au lendemain de la Première Guerre mondiale. Le dernier tisserand y a brûlé son métier sur la place du village. « Il paraît que c’était très beau, raconte son arrière-petite-fille. C’était triste, mais c’était très beau… Avant, tous les champs du Pays étaient ensemencés de lin et de chanvre. Mon arrière-grand-père m’expliquait qu’à la mi-juin, ceux-ci avaient la couleur du ciel. »
↘️ Le Musée du lin et du chanvre (lien externe) de Cardroc
Si celui-ci est bleu, prenez le temps de suivre le sentier jusqu’au château de Montmuran pour une dernière halte. C’est là, au 13e siècle, que Béatrice de Matz a fait le voyage depuis sa Flandre natale. Avec elle, des tisserands de Bruges qui transportaient dans leurs bagages la culture du lin et l’art du tissage. L’eau de la vallée et les fertiles sédiments de la mer de Faluns ont fait le reste.
Le saviez-vous ? À l’instar des chants de la bergeronnette et du coucou qui donnaient le signal pour semer le lin, les anciens avaient un truc infaillible pour savoir quand planter la petite graine. À l’automne, ils se rendaient au champ, baissaient leur pantalon et s’asseyaient cul nu dans la terre. Cela s’appelle prendre la température. Une façon comme une autre de refermer le chapitre consacré à la fièvre du textile en pays de Bécherel.