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"Les femmes sont partout mais on ne les voit nulle part" : Rennes se raconte au féminin

En mars 2026, mois de lutte pour les droits des femmes, Rennes met l’accent sur son matrimoine, en valorisant les parcours de celles qui ont façonné la ville et en créant des outils pour marcher dans leurs pas.

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Olympe de Gouges, Jeanne d’Arc, Simone de Beauvoir… Leurs noms s’affichent sur les plaques de rue dans les villes de France qui, lentement, féminisent l’espace public. En moyenne, à peine 13% des rues dédiées à des personnalités portent un nom féminin. Si à Rennes, on dépasse légèrement, rares sont les avenues et boulevards à les revendiquer.

Pourtant, Colette Cosnier, Louise Bodin, Clotilde Vautier ou encore Thérèse Pierre font partie des figures qui ont marqué l’histoire locale, aux côtés de nombreuses anonymes.

Eveiller la curiosité

« Les femmes sont partout mais on ne les voit nulle part », souligne Violaine Tissier Le Nenaon, des Archives de Rennes. Ce constat a mené la structure à proposer, depuis 2021, une frise chronologique consultable en ligne, ​ pour montrer la diversité des femmes, connues ou non, de leurs rôles et métiers, du 15e siècle à aujourd'hui.

Ainsi, 13 km d’archives sont numérisés, invitant le public et la recherche à découvrir l’histoire de ces femmes « à des époques où ce n’était pas simple pour elles d’être actrices de leur destin. » Dans des lettres, rapports de police, actes de sépulture ou pétitions, on croise Jeanne Budes, Marie Louvel, Léonie Rouzade ou encore les « mauvaises » filles de Saint-Cyr.

​ On organise des conférences pour les mettre en valeur , informe Violaine Tissier Le Nenaon, citant l’événement du 12 mars dernier consacré au portrait d’Ursule Forestier-Desprez, une brodeuse de luxe en activité ici au 18e siècle.

Un matrimoine vivant

Plonger dans un passé effacé et rompre avec les stéréotypes de genre, c’est ce qui anime l’association Histoire du féminisme à Rennes. Depuis 2014, la structure se dédie à rendre ce matrimoine vivant.

Aux détours de visites guidées dans le Rennes féministe des années 70 ou le Rennes de l’instruction des filles au siècle précédent (la première a eu lieu ce 14 mars 2026), les militantes font parler les bâtiments mais aussi les concernées.  ​ L'idée, c'est d'étudier des femmes qui ont vécu ou sont passées à Rennes et de rendre leurs existences vivantes , se réjouit Ghislaine Mesnage.

Sa voix résonne dans le documentaire Nous, les caissières, réalisé par l’association, et se mêle à celles qui témoignent de leurs conditions chez Mammouth (désormais Carrefour Alma) lors de la grève de 1975.

"Il y a eu une volonté de les oublier"

​ De nombreuses femmes ont participé à l'évolution de la société, il y a eu une volonté de les oublier , rappelle Françoise Tyrant, co-présidente d’Histoire du féminisme à Rennes. Conférences, publications, pièces de théâtre, déambulations, archives en ligne… les ressources existent pour donner une place au matrimoine rennais. ​ Il y a un vrai intérêt pour ces sujets, sans doute en lien avec les mouvements nationaux qui montrent l'importance des féminismes !

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