Biodiversité : liquidation totale à l'espace des sciences de Rennes !

Un million : c'est le nombre d'espèces qui auront disparu de la surface de la terre dans 30 ans. Un scénario catastrophe mais très réaliste au cœur de l'exposition "Impact, la biodiversité en question". Plutôt que d'attendre des lendemains qui déchantent sans rien faire, l'Espace des sciences préfère nous faire une petite piqure de rappel, fusse-t-elle celle d'un moustique, une espèce très utile au demeurant.

Nos actus

Droits réservés : Jean-Baptiste Gandon, Rennes Ville et Métropole

Une seule espèce vous manque, et tout est dépeuplé. Telle pourrait être la devise d'"Impact, la biodiversité en questions". Une exposition pensée par le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse, scénographiée et animée par l'Espace des sciences pour le public rennais.

 La biodiversité, ça n'est pas qu'un catalogue d'espèces qui seraient là pour faire joli, mais un ensemble d'interactions dont dépend l'équilibre de la vie sur terre , pose Jocelyne Vautier, responsable d'exposition et de médiation pour l'équipement scientifique.

Au début et à la fin de la chaîne : l'homme, principal responsable du désastre écologique en marche, dont la survie dépend pourtant des autres espèces. Malgré les multiples signaux d'alerte, ce dernier continue de scier la branche sur laquelle il est assis : un quart des mammifères marins risquent de disparaitre de la surface de la terre et un tiers des oiseaux se sont volatilisés. En 30 ans, 60 % des insectes ont cessé de faire le buzz et en un siècle, 70 % des haies ont été ratiboisées. On estime ainsi que dans les trente prochaines années, le nombre d'espèces disparues se chiffrera à un million.

Trente ans, c'est déjà demain

 Le terme "impact" questionne la responsabilité humaine dans l'effondrement de la biodiversité. Surexploitation des ressources, pollutions, changement climatique, destruction des espaces naturels… Difficile, en effet, de ne pas déceler la main de l'homme derrière les causes principales du massacre industriel en cours.

Au premier plan, la sculpture d'un ours des cavernes

Droits réservés : Jean-Baptiste Gandon, Rennes Ville et Métropole

Divisée en trois parties, l'exposition nous transporte d'abord dans le monde d'hier, sans hommes, histoire de planter le décor. Si la Terre a déjà vécu cinq grandes crises d'extinction, la sixième, au cœur de la seconde partie, se distingue par l'accélération du déclin.  Cette crise serait de 100 à 1000 fois plus rapide que les précédentes !

En cause : nos modes de vie peu soucieux des autres, et encore moins de notre environnement. Si le tableau n'est pas très réjouissant, l'Espace des sciences ne baisse pas les bras pour autant et préfère envisager les solutions qui, telles que les corridors écologiques, nous permettraient d'envisager le monde de demain sous de meilleurs auspices. Pourquoi, sinon, prendre la peine de s'adresser aux plus jeunes et titiller leur esprit critique par le biais d'animations toujours aussi pertinentes ?

Même le moustique a un grand rôle à jouer !

Dans l'animation "Sauvons le bocage", le jeune public fera connaissance avec une diversité d'espèces et de milieux interagissant entre eux. Une toile harmonieuse dans laquelle même le moustique tient un grand rôle ! Saviez-vous d'ailleurs que seule la femelle pique, pour satisfaire son besoin de protéines en période de ponte ? Quand il ne nous empêche pas de dormir en paix, le moustique est surtout un pollinisateur se nourrissant du nectar des fleurs, et donc un maillon essentiel de la chaîne de reproduction des végétaux. Il est aussi un plat de résistance ou un dessert prisé par les chauves-souris, les oiseaux et les grenouilles…

Au premier plan, un animateur de l'Espace des sciences avec un moustique au milieu. Il le relie à d'autres motifs tels qu'un poisson ou une grenouille pour montrer leurs relations de dépendance. En arrière plan, une photo d'un moustique et une autre du bocage.

Droits réservés : Jean-Baptiste Gandon, Rennes Ville et Métropole

Avec son dé énorme, un petit jeu de société invite par ailleurs le jeune public à se projeter en tirant des cartes "menace" ou "action".

Le dodo s'est endormi depuis belle lurette. L'ours des cavernes a lui aussi rendu l'âme. Plus récemment, le bouquetin a cessé d'escalader les montagnes escarpées des Pyrénées… Qui sera le prochain ? Pour le savoir, tournez le bouton de ce module et découvrez les espèces immédiatement menacées par une hausse de la température.

À l'heure où certaines brebis égarées par le culte du progrès technologique proposent de remplacer les abeilles par des drones, l'Espace des sciences garde quant à lui le sens des réalités. "Le but de cette exposition est aussi de faire prendre conscience au visiteur que l'homme n'est pas le centre du monde, et que la Terre peut même très facilement se passer de lui." Un intrus, en somme.

Et, vous, quel est votre impact ?

Jean-Baptiste Gandon

Impact, la biodiversité en questions. Du 31 mars au 30 aout, à l'Espace des sciences de Rennes. 6 et 8 €. Gratuit pour les moins de cinq ans. Plus d'informations sur le site de l'Espace des sciences (lien externe)