Régulation des pigeons : un nouveau dispositif à l’essai à Villejean

À Villejean, la ville de Rennes expérimente un pigeonnier urbain pour réguler la population de pigeons sans recourir à l'abattage.

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Une cabane en bois dans les hauteurs pour un pigeonnier

Droits réservés : Anne-Cécile Estève, Rennes Ville et Métropole

Une petite construction en bois d'un genre nouveau trône à quelques mètres de hauteur sur le versant nord de la dalle Kennedy à Villejean. Les curieux s'approchant peuvent y lire un début d'explication : il s'agit d'un pigeonnier urbain, une solution écologique pour réguler la population de pigeons en ville. Concrètement, comment ça marche ? Une vingtaine de pigeons ont été placés à l'intérieur, détaille Dominique Durand, agent du service santé environnement de la Ville de Rennes. Ils y resteront pendant deux mois, sous surveillance régulière et avec un apport alimentaire assuré par l'entreprise sarthoise Sogepi Servibois.  À l'issue de cette période, ils seront libérés et s'envoleront vers les toits alentours pour faire l'éloge du lieu. Les pigeons du quartier s'y installeront progressivement, attirés par la bonne nourriture et commenceront à y nicher. Le pigeonnier peut accueillir confortablement 72 nids. Lors de leur passage, toutes les deux semaines, les agents de la société gestionnaire assurent l'entretien : nettoyage, renouvellement de l'eau, de la nourriture et régulation des naissances. Les œufs sont stérilisés à l'aide d'une fine aiguille pour empêcher leur éclosion, sans provoquer de souffrance animale.

Respect du bien-être animal

Depuis avril 2023, la ville de Rennes a arrêté de tuer les pigeons pour des raisons éthiques, poursuit Lucile Koch, adjointe déléguée à la biodiversité et à l'animal en ville. Pour autant, il nous semble important de maîtriser cette population pour une meilleure cohabitation de tous dans l'espace public. Les fientes de pigeons dégradent les bâtiments et la concentration d'oiseaux est parfois perçue comme un signe de dégradation du cadre urbain.

Bilan dans un an

Des dispositifs comparables, déjà mis en place dans d'autres communes françaises, ont montré de bons résultats. Sur cinq ans, les études montrent un passage d'environ 1.500 à 350 pigeons, précise Dominique Durand. Le coût du pigeonnier s'élève à 20.000 euros, auxquels s'ajoutent 18.000 euros par an pour son entretien. Un premier bilan est attendu dans un an. D'autres installations pourraient voir le jour, notamment à Maurepas et dans le centre-ville.      

Petit rappel, nourrir les pigeons est interdit : cela nuit à leur santé et favorise la présence d'espèces indésirables comme les rats