À la Clairière commune à Rennes, le maraîchage est participatif

Située à la Prévalaye à Rennes, la micro-ferme urbaine repose uniquement sur des bénévoles. C'est avant tout un lieu de partage de connaissances et de convivialité.

Nos actus
Deux jardiniers bénévoles plantent des poireaux à genoux

Droits réservés : Julien Mignot, Rennes Métropole

Marie passe la grelinette et Simon ratisse la bande de terre, pendant que Souria explique à Antoine comment fabriquer une ligne de plantation à la ficelle. Ce mercredi après-midi, les bénévoles de la Clairière commune se sont donné pour mission de repiquer les poireaux.

Nichée au cœur de la Prévalaye, près de l'écocentre de la Taupinais (lien externe), la micro-ferme urbaine associative est gérée uniquement par des bénévoles. Le terrain de 5 000 mètres carrés est mis à disposition par la Ville de Rennes et l'association autofinance ses dépenses en matériel, plants et graines grâce aux adhésions et aux ventes.

La petite équipe qui forme le noyau dur n'est pas partie de rien. Entre 2016 et 2022, ce terrain était cultivé en permaculture par Perma G'Rennes. Il a ensuite été récupéré par Les Amis de Perma G'Rennes, une association qui a "fait perdurer la biodiversité" avec des pratiques agroécologiques, explique Souria, ancienne salariée de cette structure.

Pas d'objectif de production

À La Clairière commune, la quinzaine de bénévoles cultive des fruits et des légumes, en plein air ou sous serre, et va bientôt créer un jardin-forêt comestible. Quand la récolte le permet, un marché est organisé sur place le dimanche. Mais "il n'y a pas un objectif de production" précise Simon. Le but, c'est surtout de se retrouver et de jardiner ensemble, "en essayant différentes méthodes agricoles" insiste Souria, maraîchère depuis plusieurs années.

Parmi les bénévoles, "il y a des personnes qui viennent du milieu agricole, certains qui ont des connaissances en biodiversité, d'autres avec un bagage en biologie" constate-t-elle. Cette diversité amène à "marier les approches".

Seule règle : limiter l'impact sur le milieu naturel. Ici, aucun pesticide n'est utilisé et les légumes sont cultivés selon la tradition du maraîchage sol vivant (MSV). Les parcelles sont recouvertes de paillage et de matières organiques pour protéger et nourrir la terre. "On fait en sorte de préserver la santé et la fertilité des sols" résume Souria. Perma, l'un des deux chats de la ferme, fait un bond par-dessus les rangs de poireaux. "Lui aussi a un rôle : chasser ! Comme on paille tout, on a pas mal de rongeurs."

Apprendre en bonne compagnie

Cette ambiance plaît bien à Antoine. L'ancien technicien du son cherche à se reconvertir dans le maraîchage. "C'est un endroit propice pour apprendre et envisager les différentes façons de faire de l'agriculture" explique-t-il.

"Ce que j'apprends ici, je l'applique chez moi" témoigne Marie. Salariée dans une cordonnerie, elle vient deux fois par semaine à la ferme, après le travail. "C'est paisible ici", sourit-elle. Pour Simon qui habite juste à côté, la Clairière commune, "c'est un peu comme mon jardin". Avec un truc en plus : la convivialité et le sens du collectif. "On fait pousser de la bonne humeur" plaisante-t-il.

Tous les dimanches, l'association organise des chantiers participatifs ouverts aux nouvelles têtes. Pas besoin d'avoir une expérience en maraîchage, ni de s'engager toutes les semaines. "Il y a beaucoup de novices" insiste Souria. L'association est également en lien avec les autres structures agroécologiques de la Prévalaye, comme le Jardin des Mille Pas (lien externe), jardin pédagogique, et la Ferme du Turfu (lien externe), ferme coopérative avec qui elle troque du matériel.