Nous étions 7 contre 70 000
. Écrits par Victor Basch, ces quelques mots lapidaires résument parfaitement l'ambiance à Rennes au lendemain de la condamnation du capitaine Dreyfus, en 1894. Convaincu de haute trahison, le militaire juif et alsacien sera déporté au bagne de Cayenne, victime de la raison d'État et d'un procès truqué. Là, dans cette petite ville de province catholique de 70 000 habitants majoritairement antidreyfusarde, le professeur de langue et de littérature à la faculté de lettres et ses six camarades vont déplacer des montagnes, celles de la démocratie et de l'état de droit.
Leur combat inspirera en effet directement la création de la Ligue des droits de l'Homme, un an avant le procès en révision tenu en 1899 à Rennes, au lycée Émile Zola. Coupable de haute trahison avec circonstances atténuantes : risible, le nouveau verdict confirmera la culpabilité du capitaine mais ouvrira la voie à la grâce présidentielle donnée dix jours plus tard…