Humidité dans les logements : quels risques pour la santé ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), entre 10 et 20 % des logements en France sont trop humides, entraînant des risques pour la santé. Pour évaluer et prévenir, des scientifiques* lancent une enquête auprès des habitants de l’Union européenne. Parmi eux, Jean-Pierre Gangneux, médecin biologiste au CHU Pontchaillou et à l’Université de Rennes.

Nos actus

Droits réservés : iStock

Sait-on combien de logements en France connaissent des problèmes d’humidité ?
"Entre 10 et 20 % selon le dernier rapport de l'OMS. Par ailleurs une étude française menée sur 150 logements montre que 31 % présentent des signes d'humidité. Et qui dit humidité, dit risque de moisissures. Les maisons qui ont subi des inondations sont bien sûr concernées ; c'est le cas dans plusieurs communes de Rennes Métropole classées en catastrophe naturelle après les inondations de 2025 et 2026."

Quels sont les risques de ces moisissures pour la santé ?
"L’exposition prolongée aux moisissures peut causer des allergies et des infections. Dans le cas des allergies, les risques sont connus mais difficiles à appréhender car on peut être en présence de nombreux autres allergènes : pollens, acariens, etc. Il s’agit par exemple de rhinite ou de sinusite allergique, parfois d’atteintes pulmonaires plus problématiques. En revanche, on connaît bien maintenant le risque d'infection chez les patients très immunodéprimés, avec de bons tests diagnostiques. Il s’agit dans ce cas-là d’infections d’abord respiratoires mais qui peuvent disséminer ensuite. Heureusement, seules quelques moisissures plus virulentes peuvent causer ces infections, qui restent tout de même très rares."

  • "Les maisons qui ont subi des inondations sont bien sûr concernées par les problèmes d'humidité et de moisissures. C’est le cas dans plusieurs communes de Rennes Métropole touchées par les crues de 2025 et 2026"

    Jean-Pierre Gangneux,Médecin biologiste au CHU Pontchaillou et à l’Université de Rennes

Avec d’autres scientifiques, vous lancez une enquête. À qui s’adresse-t-elle et à quoi va-t-elle servir ?
"Tous les habitants d’Europe peuvent remplir cette enquête en ligne (lien dans l'encadré ci-dessous). L’objectif est de mieux comprendre l’importance de l’humidité et des moisissures dans les logements européens. Les résultats permettront de réactualiser les données de l’OMS – qui datent de 2009 –, dans un contexte de réchauffement climatique avec des événements extrêmes comme les inondations. Il s’agit aussi de sensibiliser les citoyens et d’alerter les autorités publiques." 

Quelques conseils pour prévenir ou traiter les moisissures chez soi ?
"Il faut distinguer deux situations. Pour tout le monde, même en l'absence d'allergie, il faut toujours optimiser la qualité de l'air de son habitat : bien aérer, utiliser les VMC de salle de bain et cuisine, allumer la hotte aspirante lors de cuissons, bien utiliser son sèche-linge, nettoyer les petites taches de moisissure avant qu’elles ne s’étendent, réparer les fuites d'eau…
Par ailleurs, et plus spécifiquement pour les patients présentant une maladie respiratoire chronique comme l’asthme, je coordonne actuellement un programme hospitalier national de recherche au CHU de Rennes qui vise à évaluer l'intérêt des visites des conseillers en environnement intérieur au domicile des patients. Il s'agit de proposer différents conseils en fonction du niveau de contamination du logement et de la situation de la personne. Les résultats seront prochainement publiés."

* L’enquête est menée par le Comité scientifique académique, composé de six centres d’excellence de la Confédération européenne de mycologie médicale, dont Rennes.

Participez à l’enquête > ici (lien externe)

Cela prend quelques minutes. L’enquête est anonyme et utilisée uniquement à des fins de recherche.

Tutu