Artistes de rue : la Ville de Rennes appelle au dialogue

La ville de Rennes a fait évoluer les règles qui organisent l'activité des artistes de rue dans son centre historique. Face aux réactions, parfois teintées d'incompréhension, Rozenn Andro, adjointe à la Culture et Didier Le Bougeant, élu du quartier Centre, réaffirment leur soutien aux artistes et ouvrent le dialogue. 

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Le principe fort qui est le nôtre depuis 1983, c'est de laisser les artistes de rue se produire librement, précise d'emblée Rozenn Andro, adjointe à la Culture. En détail : les artistes de rue peuvent s'installer librement (sans déclaration préalable, sans demande d'autorisation) et gratuitement (sans payer de redevance à la mairie). 
Leur activité est organisée dans le centre-ville, où musiciens, jongleurs, mimes… peuvent exercer entre 10h et 19h, tous les jours de la semaine. Chacun peut choisir un lieu, pour une heure de prestation. S'il souhaite prolonger, il doit changer de lieu, au moins à 200 mètres de là, selon un arrêté municipal de 2026, contre 100 mètres depuis 2002.

Pourquoi cette évolution ?

La ville doit faire cohabiter l'art de la rue avec les commerçants et les riverains, dont certains télétravaillent désormais. Sans oublier de garantir la sécurité et la circulation fluide des piétons. 
Notre mission, c'est de faire prévaloir l’intérêt général. Les artistes doivent pouvoir se produire. Il faut aussi entendre qu’un habitant ou un commerçant réclame une plus grande diversité des propositions artistiques. Nous avons eu beaucoup de remontées en ce sens. Il faut reconnaitre le besoin de chacun et trouver un point d'équilibre, c’est ça notre enjeu, complète l'adjointe à la Culture. 

Certains sites sont plus fréquentés que d'autres et la rémunération des artistes en dépend. Sur ce point, Didier Le Bougeant précise : Aujourd'hui, il faut tenir compte de l’évolution des espaces publics dans le centre-ville, qui a énormément évolué, depuis 20 ans. Il y a davantage de places et de rues piétonnes. La liste des lieux où se produire s’est donc élargie. Le nouvel arrêté mentionne un périmètre allant de la gare à l'Hôtel-Dieu, de la place de Bretagne à l'avenue Janvier.

Dialogue entre usagers

Devant la réaction de certains artistes de rue face au changement, les deux élus reconnaissent une instruction trop rapide de ce dossier.  Pour relancer le dialogue entre les différents acteurs et faire converger les points de vue, la Ville de Rennes a sollicité une association de médiation, dont le travail a déjà débuté. 
Didier Le Bougeant complète : On a toujours revendiqué un centre-ville festif mais aussi un centre-ville habité, avec une véritable mixité sociale, un centre-ville commerçant et touristique. C'est cet équilibre des fonctions qu'il nous faut faire vivre

Rozenn Andro rappelle que la Ville de Rennes, dans ce nouveau mandat, entend renforcer les moments de fête populaire dans tous les quartiers, en s'appuyant sur le tissu associatif. 

Tutu