« Je dis toujours que pour les gens de l'alphabet LGBTQI+, il manque le F de folle ! » La phrase claque, comme le personnage. À 60 ans passés, il n'a rien perdu de son mordant. Sa vie, il l'a construite comme un acte de résistance. Mis à la porte par ses parents à 17 ans en raison de son homosexualité, il quitte Vannes pour Rennes. S'ensuit une vie faite de débrouille, d'écriture et de nuits sans fin. À cette époque, l'homosexualité se vit cachée, les rencontres se font au tapin (dans les parcs) ou les tasses (les toilettes publiques). « C'était un peu les applis de rencontres d'aujourd'hui », sourit-il. Entre deux pages de journal intime, il distribue des textes surréalistes et imagine un livre : Je serai femme du monde chez les gauchistes. La nuit devient son royaume : « Les amis, on se les créait en couchant », lâche-t-il sans filtre.
Portrait de Jacques Ars : une mémoire queer forgée dans les nuits rennaises
Provocateur, drôle, militant et profondément libre, Jacques Ars est de ces personnages qui incarnent une ville. Entre nuits folles, combats, littérature et amour, il raconte une vie intense, à mille lieues des normes.
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