C’est un portrait reconnaissable en un instant. Un homme au regard plutôt doux, avec son képi et sa veste d’uniforme militaire. L’air serein, il regarde vers la droite, vers l’avenir, pourrait-on dire. Le sien fut tourmenté : accusé à tort d’être un espion allemand et d’avoir trahi la France, Alfred Dreyfus a été jugé coupable et condamné, dégradé par l’armée française, envoyé en prison sur l’île du Diable en Guyane et jeté en pâture à l’opinion publique. Pourquoi un jugement aussi dur ? Parce que le venin de l’antisémitisme empoisonnait les esprits.
À l'heure où il refait surface, le Musée de Bretagne a décidé d'honorer cette figure historique, associée au célèbre procès qui porte son nom, à travers une exposition qui retrace son lien étroit avec la ville de Rennes. L'objectif était de rendre plus limpide une histoire qui est connue par son nom mais qui est très complexe dans le déroulé des événements.
, souligne Céline Chanas, directrice du Musée de Bretagne. Pour célébrer cette nouvelle exposition, le musée a fait appel à un pionnier de l'art urbain : Jef Aérosol. Ce dernier a peint le portrait du capitaine en grande dimension à l'entrée de l'exposition, au premier étage des Champs Libres. On s'est mis d'accord sur cette photo car c'est l'image iconique de Dreyfus, celle que tout le monde connaît. Les autres photos ne permettent pas toujours au public de le reconnaitre.
, note l'artiste.