Ils s'appellent Menez, Nouzil, Loargann... Trois jeunes mâles aperçus dans le Finistère, et suivis par le Groupe Loup Bretagne* depuis leur arrivée dans la région. Difficile de dire si ces canidés sauvages venus d'Italie, d'Allemagne ou de Pologne vont rester dans la région. Leur présence est dans tous les cas suffisamment familière pour qu'on leur donne un prénom. Plutôt que d'avancer à pas de loup, la presse a quant à elle sorti ses gros sabots pour faire dans le sensationnel, réveillant au passage les grandes peurs enterrées avec le dernier spécimen, à la fin du 19ᵉ siècle.
Tout a commencé en octobre 2021, avec la découverte d'un cadavre de loup à Saint-Brévin-les-Pins, suivie d'une captation vidéo d'un sujet en chair et en os, dans le secteur boisé de la commune de Berrien, dans le Finistère, en mai 2022. Le 8 novembre de la même année, un loup est photographié dans la campagne de Goven, non loin de Rennes, puis à Bédée et La Mézière, en 2024… Preuves à l'appui (analyses génétiques, images et constats de l'Office français de la biodiversité), le Groupe Loup Bretagne peut alors établir avec certitude la présence ou le passage de six individus dans la région.