L'éducation aux médias est au cœur des préoccupations des Champs Libres, un équipement ouvert sur les phénomènes de société et les grands enjeux contemporains : la désinformation et les fake news en font partie, au point que la crédibilité des journalistes en soit ternie.
Il y a un siècle déjà, l'irruption de la presse moderne dans le quotidien des Français a coïncidé avec l'Affaire Dreyfus, dressant les uns contre les autres les partisans d'une approche objective des faits et les apôtres du raccourci sensationnaliste. Le musée a décidé de profiter de la nouvelle exposition sur le capitaine alsacien pour s'adresser aux plus jeunes.
Nous avons imaginé six manipulations avec pour fil rouge le côté médiatique de l'Affaire Dreyfus
, confirme Laura Bourdais, responsable de la médiation aux Champs Libres.
Quelques exemples : au lendemain de la dégradation du capitaine, en janvier 1895, le Petit journal titre "Le traître" en Une de son édition. Et, si l'on essayait une autre accroche éditoriale comme "Un innocent dégradé" ou "La dégradation" ? Cela change le sens n'est-ce-pas ?
Un autre dispositif invite à s'interroger sur la vie d'Alfred Dreyfus, alors en exil sur l'île du Diable, en Guyane. Quand la presse parle de villégiature, la correspondance du militaire évoque au contraire un quotidien très dur.