L’inventaire de Mérimée : histoire d’une success story Instagram

Du festival électro Astropolis aux portes Mordelaises, François Gouin a l'art de dépoussiérer l'Histoire rennaise et bretonne, qu'il revisite en vidéo et en acrobaties sur une page Instagram pour le moins inventive, baptisée L'inventaire de Mérimée. Prêt pour un petit voyage au-delà du... reel ?

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Un jeune homme en lévitation devant les portes Mordelaises

Droits réservés : Arnaud Loubry, Rennes Ville et Métropole

Avec sa petite moustache dans l'air du temps, ses tatouages empruntant à l'univers du manga, ses bagues et ses boucles d'oreilles tendances, François Gouin semble bien loin du cliché de l'historien au costume maculé de craie, l'œil austère et la palme académique. Le jeune homme de 26 ans enfonce le clou lorsqu'il évoque un goût prononcé pour les sports de glisse et le parkour.

Il faut pourtant se méfier des apparences. Joseph Mérimée, pour reprendre son alias, a l'histoire de la Bretagne encrée dans la peau, à l'image de la devise régionale, « plutôt la mort que la souillure », tatouée sur son torse. Mieux, ses acrobaties urbaines nourrissent la mise en scène de vidéos invitant à plonger dans le passé de Rennes et d'ailleurs. Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici.

Le parkour de l’histoire

Il était une fois, donc, un Breton né dans la campagne de Brest. ​ Tout petit déjà, j'étais passionné d'histoire, réécrite avec des Playmobil ou lue dans les livres Les dés étaient donc jetés ?  Pas vraiment, il a fallu une punition de ma mère pour que je revienne à mes premiers amours. Comme j'étais plutôt brillant, j'ai suivi une filière scientifique au lycée, mais ça m'ennuyait.  Trop de sport, trop de jeux vidéo… Maman est passée par là ! Privé de portable, je me suis replongé dans les livres d'histoire et je me suis souvenu que j'adorais ça ! 

Un jeune homme en équilibre sur une rampe, avec en arrière plan une tour des portes Mordelaises

Droits réservés : Arnaud Loubry, Rennes Ville et Métropole

Une licence d'histoire, un master STAPS sur l'histoire du skate, puis un deuxième en histoire de l'art, architecture, patrimoine et mondialisation… Avec ses diplômes en poche, François Gouin pouvait envisager l'avenir, tout en regardant loin dans le passé, bien sûr.

Devenu guide conférencier pour Destination Rennes, le Brestois a l'idée de l'Inventaire de Mérimée. Une page Instagram consacrée aux petites et grandes histoires rennaises.  Je le vois comme une grande bibliothèque ouverte à tous Ses reels mêlant vidéo, sport urbain et récit historique ont immédiatement trouvé leur public : « ​En un été, ma page comptait déjà 4000 abonnés. Certains reels ont été visionnés plus de 100 000 fois, on a parlé de l'Inventaire de Mérimée à la télévision...»

Droit d’inventaire, devoir d’inventer

Avec 82 publications au compteur à l'été 2026, la page Instagram de François Gouin a su conquérir  un public a priori éloigné de cette matière souvent jugée trop académique. L'Inventaire de Mérimée propose un bon passage en revue de l'histoire de Rennes, des petites anecdotes aux sujets phares.  Un balayage s'arrêtant bien sûr devant les portes Mordelaises, mais pas encore le parlement de Bretagne. « J'aimerais aussi évoquer le patrimoine que l'on ne voit pas, comme la Fête des fleurs et le tombeau du génie, ou m'attarder sur les façades des maisons… »Sans prétendre réécrire l'histoire, François Gouin espère apporter une nouvelle vision, moins poussiéreuse et sentant moins le renfermé.

Jeune homme en train d'effectuer une figure de parkour devant les portes Mordelaises

Droits réservés : Arnaud Loubry, Rennes Ville et Métropole

Pourquoi l'Inventaire ?  Travailler dans un service de recherche sur le patrimoine, c'est mon rêve professionnel ! Être en même temps sur le terrain, dans les sous-sols des archives et faire de la médiation, c'est le pied ! 

Et Prosper Mérimée ?  C'est un personnage sympathique. Il a inventé le concept de monuments historiques, recensé le patrimoine en péril et lancé les premiers programmes de restauration.  Comment ce représentant de l'élite aurait parlé de Rennes au 19ᵉ siècle ? Pour le savoir, suivez le guide rennais Sur les traces de Mérimée pour un passionnant dialogue entre passé et présent.

Après Rennes, François Gouin envisage d'élargir son horizon breton à Brest, et même à… Nantes ! Un sacrilège qu'on lui pardonnera volontiers, en attendant qu'un tatouage de Clio, la muse de l'Histoire, vienne enrichir le parchemin de son corps.

La morale de l'histoire ? Le Brestois a plus d'un tour dans son sac, et réussit aujourd'hui à transformer son portable en outil de travail. Comme quoi, certaines punitions ont du bon !

@linventaire­_de_merimee

Jean-Baptiste Gandon