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Les cours intérieures rennaises : des trésors méconnus au cœur de la ville

À Rennes, l’Office de tourisme propose de nombreuses visites guidées, notamment celles des cours intérieures cachées. Embarquez pour un voyage à travers l’histoire de la ville et découvrez ces trésors architecturaux dissimulés derrière les portes des immeubles et des hôtels particuliers.

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Droits réservés : Franck Hamon, Rennes Ville et Métropole

Les rues du centre historique de Rennes sont reconnaissables à leurs maisons en pierres sculptées ou à colombages. Mais saviez-vous que derrière, en passant les portes situées entre les commerces, il existe des petits trésors cachés aux yeux des passants ? Entrez dans les coulisses.

La visite commence au 34, rue Vasselot. Sacha Kalcina, guide-conférencier pour l’Office de tourisme de la ville, qui possède les clés des portes que nous allons franchir tout au long de la visite, nous invite à passer une porte cochère entourée de pierres de schiste rouge et à entrer dans la cour. Nous découvrons avec surprise que nous sommes passés sous un bâtiment à pans de bois, invisible côté rue. L’ancien couvent rennais de l’ordre monastique du Carmel occupait un grand espace sur plusieurs hectares dans la ville : il n’en reste presque plus rien aujourd’hui, à part ce bâtiment. À la Révolution française, les biens de l’Église ont été récupérés par l’armée et l’ensemble des terrains du couvent séparés en de petites parcelles. Le bâtiment restant était l'équivalent d'un hôtel, un endroit pour accueillir les voyageurs. Le bois vieilli des colombages ainsi que des escaliers en colimaçon et leurs belles rambardes sculptées apportent un charme particulier.

Le dernier bâtiment du couvent de l'ordre du Carmel, au fond.

Droits réservés : Franck Hamon, Rennes Ville et Métropole

Entre cours privées et hôtels particuliers

Rue du Pré Botté, une autre cour vaut le détour. Au fond, un bâtiment imposant de cinq niveaux datant du 17ᵉ siècle nous attend. Au rez-de-chaussée, des pierres de granit, un matériau traditionnel en Bretagne, encadrent les fenêtres.

Pendant longtemps, il a hébergé un des couvents des Ursulines, des sœurs connues pour leur activité d’enseignement. 60 à 70 % des filles et des femmes de la ville et de ses environs seraient passées par cet ordre, pour apprendre à lire, à écrire ou encore les bonnes mœurs. Toutefois, elles restaient de quelques mois à six ans seulement, ce qui est trop peu de temps pour que les savoirs soient durablement acquis, surtout si l’apprentissage commence tardivement. En effet, à l’époque de la Révolution française, le taux d’alphabétisation des femmes était de 10 à 20 %.

De l’autre côté de la Vilaine, en bas de la rue du Dr Regnault, pavée et tout en pente, nous voici devant la haute grille en fer forgé de l’hôtel particulier Bonin de la Villebouquais. Sa construction a été achevée en 1730. Cette date n’est pas anodine car 10 ans auparavant, un menuisier a fait tomber accidentellement une chandelle dans des copeaux de bois, mettant le feu à son atelier, puis à 40 % de la ville, principalement de riches habitations. Le feu s’est propagé très rapidement car la plupart étaient constituées de bois et de torchis : 1 000 habitations ont été détruites et 8 000 personnes se sont retrouvées à la rue.

Cet incendie a conduit à la division des terrains et à l’explosion de l’accès à la propriété. Certaines personnes, comme les parlementaires, en ont profité pour se faire construire d'élégantes demeures, comme celle de la rue du Dr Regnault. Sur trois niveaux, nous devinons à ses côtés l'ancienne écurie et l'aile ayant appartenu aux domestiques.

Sacha Kalcina, notre guide-conférencier du jour.  

Droits réservés : Franck Hamon, Rennes Ville et Métropole

Des espaces hors du temps

En marchant quelques mètres, vous arrivez au cœur de la rue Saint-Georges, une des rares qui n'a pas brûlé, d’où les nombreuses maisons à pans de bois. Au numéro 28, une fois de l’autre côté de la porte, la température diminue un peu, la fraîcheur est agréable en ce jour de forte chaleur. Vous tombez sur un escalier en bois disposé à l’intérieur du bâti, entouré de parquet tout aussi ancien. Sacha Kalcina nous précise que cela sent parfois une bonne odeur de cirage. Dans la petite cour intérieure, les façades à pans de bois datant du 18ᵉ siècle semblent être faites de briques. Mais surprise ! Ce sont des morceaux de papier peint d’origine qui ont été disposés entre les travées des poutres. L’imitation brique est réussie.

Tout au long de cette visite, une fois passé de l'autre côté de ces portes qui ne payent pas de mine, un même sentiment nous envahit : celui d’être transporté dans une bulle temporelle. La frénésie de la rue laisse soudain place au calme : le contraste est saisissant. Des escaliers en bois anciens qui craquent, des fenêtres desquelles s’échappent des odeurs alléchantes de plats mijotés, une cour intérieure qui résonne au pas des habitants : c’est toute une vie qui bat au cœur des bâtiments. Quand nous faisons le chemin en sens inverse et que nous ressortons sur la rue, c’est une autre atmosphère, vivifiante et dynamique.

Dans les cours intérieures, le calme est saisissant, les bruits de la rue sont discrets.

Droits réservés : Franck Hamon, Rennes Ville et Métropole

Un patrimoine en cours de restauration

Un peu plus loin, en remontant la rue jusqu’au numéro 2, il y a une autre cour privée, toute aussi surprenante. Le bâtiment qui l’encadre, dessiné par l’architecte Isaac Roblin, est le premier à avoir été reconstruit juste après l’incendie et l’un des premiers à avoir été rénové parmi les 900 bâtiments du centre ancien pris en charge par Territoires, une entreprise publique d’aménagement, depuis 2009. Il possède lui aussi un escalier à l’intérieur du bâti, ainsi que des balcons fermés par des fenêtres pour augmenter la surface des appartements. Les matériaux anciens associés aux peintures colorées provenant de la rénovation forment un ensemble chaleureux.

Une fois la cour visitée, notre guide nous propose d’emprunter un passage secret. Nous descendons quelques marches de pierre pour nous enfoncer dans un petit couloir. Nous franchissons une petite porte et nous nous retrouvons nez à nez avec l’église Saint-Germain.

C’est ici que s’achève notre visite des cours secrètes de la ville. « C’est une grande découverte ! », s’exclament Annie et Maud. « Ça m’a donné envie de faire l’autre parcours ! », ajoute Maud. En effet, une visite similaire à celle-ci est disponible (lien externe) et vous emmènera de la place Sainte-Anne à la place du Parlement. Nicole, qui habite depuis peu de temps à Rennes, raconte : « C'est toujours agréable de faire des visites avec l’office de tourisme. Je découvre la ville comme ça. C’est très chouette ! »

Envie de (re)découvrir la ville à travers les récits d’un guide-conférencier ?

L’Office de tourisme propose de nombreuses visites guidées. Apprenez-en plus sur le cœur historique de Rennes, sur le street art dans la ville et également sur les œuvres en mosaïque d’Odorico. Plongez dans l’art forain avec le Grand Huit, dans les coulisses du Roazhon Park et de Ouest-France. Vous pouvez même marcher dans les pas de la serial killeuse Hélène Jégado !

Retrouvez les visites et leurs prochaines dates sur le site de l’Office de tourisme (lien externe).