Le département en niveau crise sécheresse

La pénurie d'eau s'aggrave sur l'ensemble du pays. La Préfecture d'Ille-et-Vilaine a placé l'ensemble des secteurs « milieux aquatiques » et « eau potable » du département en situation de crise, le niveau d’alerte le plus élevé. Vigilance également pour le risque incendie. 

En savoir plus

Loup en Bretagne : "Il n'y a qu'une limite à son retour, celle qui sera imposée par notre société."

Loup, loup y es-tu ? Où ça ? En Ille-et-Vilaine. Engagé bénévolement depuis 2009 dans plusieurs associations, Philippe Defernez nous répond que si les conditions de son installation sont réunies en terme de milieu, la balle est avant tout dans le camp des humains. Force est de constater que pour l'heure, celle-ci sert plus à tuer qu'à préserver le vivant.

Nos actus
Un loup montre les crocs devant le cadavre d'une proie

À l'image de votre engagement, le rôle des associations est primordial dans la défense des espèces ?

Je suis impliqué depuis 2009 dans différentes structures comme le Groupe mammalogique breton, Bretagne vivante, la SFEPN (Société française pour l'étude et la protection des mammifères) et le Férus (association nationale de protection et de conservation de l'ours, du loup et du lynx en France). Ajoutons à la liste le groupe Loup, créé en 2019.

Mon implication relève d'un engagement citoyen, en réponse au constat que la biodiversité et les milieux se dégradent chaque jour un peu plus. Je m'intéresse à de nombreuses espèces comme les chauves-souris, la loutre ou encore le muscardin. Concernant le loup, nous savons depuis les années 1990 que celui-ci gagne du terrain en remontant du sud-est. Nos réflexions sur le sujet ont émergé après 2010, quand nous avons acquis la certitude qu'il reviendrait en Bretagne.

Quels sont les moyens d'action du Groupe Loup ?

Nous nous adressons régulièrement à la population, à la presse, aux décideurs politiques et bien sûr aux éleveurs, avec qui nous sommes en lien pour trouver des solutions concrètes contre les prédations. Nous pouvons également mettre en place des animations à l'occasion de la sortie de films, comme les documentaires de Jean-Michel Bertrand, ou tenir des stands d'information pendant des événements.

Sur le terrain, il est très difficile de suivre une petite population sur un territoire aussi grand que la Bretagne. Cela passe par la collecte de témoignages visuels, via des téléphones portables ou des pièges photographiques. Ces images permettent de valider ou non la présence de loups. Pour aller plus loin dans nos analyses, Alain Jean, un vétérinaire à la retraite, a élaboré un outil de reconnaissance individuelle à partir des clichés recueillis. Avec ses critères très précis, celui-ci nous a permis l'identification de sept phénotypes en Bretagne. Pour l'heure, nous avons la certitude que trois individus étaient présents en Bretagne en 2025.

Le loup bientôt de retour en Ille-et-Vilaine ?

En novembre 2022, un loup a été photographié sur la commune de Goven. Fin 2024, on a aperçu à Bédée et La Mézière un solitaire passé par la Manche et la Mayenne, qu'on a retrouvé ensuite dans le Finistère. En tant que loup, cet animal appartient à une espèce très adaptée, qui a la capacité de s'installer en montagne ou en plaine, dans les forêts ou les milieux ouverts, les zones arides ou humides… Avec ses landes et ses espaces boisés, le département 35 offre suffisamment de refuges pour que le loup puisse s'y ressourcer. Il n'y a qu'une limite à son retour, celle qui sera imposée par notre société. Cela étant dit, la portée de notre action en Bretagne est largement conditionnée par l'évolution de la réglementation décidée par la France et l'Europe. Pour l'heure, les signaux ne sont pas très positifs…

Propos recueillis par Jean-Baptiste Gandon