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L’Étoile brille à nouveau

Entièrement rénové, le restaurant universitaire du campus de Beaulieu reprend du service en cette rentrée 2026. Construit en 1962, le bâtiment est l'œuvre de l'architecte Georges Maillols, le « père » des Horizons.

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vue aérienne du bâtiment de l'Étoile

Droits réservés : Rennes Ville et Métropole

Il faut prendre un peu de hauteur pour embrasser l'ovni. Et grimper en haut de la station de métro voisine pour apprécier sa silhouette iconique : l'Étoile est bien en forme d'étoile. Nous voilà rassurés.

Il s'agit même d'une étoile à six branches. Une géométrie atypique en architecture qui évoque forcément l'étoile de David, symbole du judaïsme. Serait-ce une référence religieuse ? En aucun cas. Alors une lubie d'architecte ? Non plus.

Chez Georges Maillols (1913-1998), la forme suit la fonction. « La cuisine était placée au centre, les salles de restauration réparties dans les branches, dévoile Philippe Bohuon, guide du patrimoine à Destination Rennes. Cette disposition garantissait le service d'un repas chaud à 1 000 étudiants simultanément, conformément au cahier des charges. »

Une rénovation d’ampleur

Fermée pour travaux depuis trois ans, l'Étoile réintègre la galaxie universitaire à la rentrée. Depuis sa construction, le bâtiment n'avait jamais été rénové. Il était temps car son aura avait pâli.

Baigné par la lumière naturelle, pratique et esthétique, le bâtiment souffrait surtout du défaut de son époque, une isolation thermique quasi inexistante. « L'été, il faisait chaud. L'hiver, il faisait froid. Sans compter le bruit en toutes saisons », résume Soizic Bernier, chargée d'opération immobilière au Crous. Ni classé ni inscrit aux Monuments historiques, on imagina même le raser après l'épisode Covid. L'identité de son architecte l'en préserva finalement.

Le bois révélé

La rénovation a permis de redécouvrir la charpente bois d'origine.
© Agence Anthracite

Le chantier de rénovation, confié au cabinet Anthracite, révèle le bâtiment en redécouvrant la structure bois d'origine, libérée de sa gangue de lambris sombre façon chalet. « C'est la première fois que l'on employait en France une charpente en lamellé-collé pour un édifice aussi grand. Maillols avait fait le choix d'un procédé moins coûteux que le métal ou le chêne brut », détaille Philippe Bohuon.

Imbriquée dans des poutres en béton, l'ossature centrale en sapin confère au lieu des airs de cathédrale, traversée par un transept formé de trois lignes de self. L'atmosphère aux tons gris, blanc et bois est apaisante. Le mobilier neuf propose des assises variées. Toutes les menuiseries ont été changées. À défaut de stores, les salles de restaurant sont protégées de la chaleur par des films solaires apposés sur les vitres.

Jusqu’à 2 500 repas

Cloisonnées à l'origine, les trois grandes branches de 300 places sont désormais communicantes. Idem pour les trois branches plus petites. Autour de l'escalier central, deux escaliers latéraux ont été ajoutés pour accéder à l'étage. « Tout a été repensé pour optimiser les flux, éviter les bouchons et accueillir un maximum d'étudiants à chaque service », explique Soizic Bernier.

Au rez-de-chaussée, la cuisine a été déplacée à l'arrière. Elle a aussi pris du volume. L'extension semi-enterrée sert maintenant à confectionner - en sus des repas de l'Étoile - tous les plats à emporter (sandwichs, paniers, bocaux...) des restaurants universitaires de la ville. Soit 10 000 repas par jour actuellement. « On pourra monter à 15 000 si nécessaire. » Au bout des travaux, l'Étoile compte maintenant 968 couverts. C'est un peu moins qu'à sa création. Mais en revisitant l'organisation du bâtiment, le restaurant universitaire devrait pouvoir servir 2 500 repas le midi.

Outre l'Étoile, l'architecte Georges Maillols a aussi dessiné les plans du restaurant universitaire situé en face de la faculté de droit, rue de Fougères. Un autre a été démoli lors du réaménagement de la place Charles-de-Gaulle en 2011, remplacé par la cité internationale Paul-Ricoeur.

Chiffres

22 M€

Coût global des travaux de rénovation de l'Étoile, cofinancés par le Crous et l'État (14,5 M€), la Région Bretagne (4,2M€) et Rennes Métropole (4M€).

1 €

Réservé jusqu'à présent aux boursiers et non-boursiers en situation de précarité, le repas à 1 € (entrée, plat, dessert) est accessible à tous les étudiants depuis mai 2026.