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Festival d’architecture : la Rennes de la nuit, c’est Georges !

Vous aussi, vous avez l'architecture ludique et festive ? Alors Georges est pour vous. Expositions, conférences, visites guidées, ciné-concert, ateliers... Pour sa 3e édition, le festival rennais invite à une ronde de nuit très éclairante.

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Vue de l'entrée d'un établissement avec deux totems et deux palmiers de chaque côté. Sur l'enseigne au-dessus, on peut lire Espace de loisirs et La Nuit

Droits réservés : François Prost

Qu'elle soit brutaliste ou art déco, carcérale ou utopique, l'architecture est au cœur de notre quotidien, sans qu'on y prête forcément attention. Pourtant, elle façonne nos perceptions, surtout quand la nuit l'éclaire sous un jour nouveau.

Peinture d'un paysage la nuit, intitulée "Mises en scènes ordinaires"
Temps fort de cette édition, l'exposition La nuit pour matière invite au passage à faire d'une pierre deux coups, et à redécouvrir l'ancien bazar Jacquart, un lieu méconnu de Rennes situé place de Bretagne.

Droits réservés : Agathe Vincent

Pour sa 3ᵉ édition, le festival rennais invite donc à envisager l'architecture à la lumière des réverbères et des néons, mais surtout de manière ludique et festive. Les amateurs pourront par exemple faire d'une pierre deux coups avec l'exposition La nuit pour matière. Si cette dernière réunit des œuvres diverses (photographie, BD, installation, maquette, peinture), elle invite par ailleurs à découvrir un lieu méconnu du patrimoine local : derrière la façade art déco du 6 place de Bretagne se tenait en effet jadis le Bazar Jacquart, qui deviendra par la suite la Halle du Bon Marché. À croquer des yeux également, une exposition de dessins d'enfants envisageant la nuit au clair de lune.

Un jeu de construction

Quand vient la nuit, une autre ville s'éveille. Tandis que les fêtards remplacent les couche-tôt, des lieux se vident, d'autres se métamorphosent. Et, si tous les chats sont gris, la ville se pare de mille nuances, comme nous le rappellera Luc Gwiadzinski, docteur en géographie et auteur de « Décoloniser la nuit », dans sa conférence inaugurale, suivie d'un DJ set.

Vue de dessins d'enfants représentant des paysages urbains de nuit
Autre rendez-vous du festival Georges : l'exposition "Quand les enfants dessinent la nuit"

Droits réservés : MAeB

Qui dit nuit, dit salles obscures, et le cinéma sera également de la partie avec un ciné-concert baptisé Night flight : Jean-Yves Leloup (Quiet voices) et Mathilde Mallen (Dissemblance) invitent le public à s'engouffrer dans les nuits blanches de Martin Scorsese, Federico Fellini et autre Jim Jarmusch dans une ambiance musicale tour à tour électro, cold wave et ambient. Errance, mystère, épouvante et féerie au programme. Dans la rubrique 7ᵉ art, les cinéphiles ne bouderont pas leur plaisir d'admirer encore la beauté formelle sidérante de Los Angeles, quand la ville mythique de Californie est filmée par Michael Mann dans Collateral.

Après avoir assisté à une table ronde ou participé à un atelier, le public ne refusera pas l'idée de se dégourdir les jambes. Poète urbain et médiateur du patrimoine, Adrien Lecoursonnais invite les festivaliers à un séjour à l'ombre, entre chiens et loups, à la prison Jacques Cartier (Les nuits de Jacquot). Puis, dans le dédale labyrinthique du Colombier, un quartier en pleine mutation construit dans la deuxième moitié du 20ᵉ siècle par Louis Arretche. Vous aussi, vous avez la Dalle ?

Festival Georges, du 23 septembre au 11 octobre, au 6 place de Bretagne, à la salle de la Cité et autres lieux, Rennes. https://georges-festival.com/  (lien externe)

Jean-Baptiste Gandon