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Le crématorium de Vern-sur-Seiche inaugure un nouvel espace de recueillement

Allier la mémoire des défunts au respect de la planète. C'est le pari réussi de l'extension du crématorium de Vern-sur-Seiche, qui vient d’être inauguré ce jeudi 15 octobre 2026, avec notamment un nouvel espace de dispersion des cendres pensé comme un lieu d'art et de recueillement.

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Droits réservés : Estelle Chaigne

Aujourd’hui, environ 44 % de la population, soit près d’une personne sur deux, choisit la crémation sur le territoire métropolitain rennais. Un chiffre en constante hausse depuis 2020. Pour répondre à cette augmentation progressive et pour améliorer les conditions d’accueil des familles endeuillées, le crématorium situé en lisière du bois de Soeuvres s’est agrandi sur 2,7 hectares de plus. ​ Nous devions adapter ce service public pour permettre à plus de familles, touchées par le deuil et la nécessité d'obsèques, un accueil digne, chaleureux et adapté , souligne Flavie Boukhenoufa, vice-présidente de Rennes Métropole en charge de la politique du crématorium. 

Acheté en 2018 par la collectivité, cette parcelle permet notamment la sécurisation du carrefour d’accès au site, l’augmentation de la capacité de stationnement, la construction d’un bâtiment de convivialité, l’aménagement d’un espace d’accueil, la plantation d’espaces verts… ​ On s'est projeté sur 2 000 crémations par an, soit huit par jour au maximum , chiffre Sabine Lechable Girardot, chargée de mission crématorium pour Rennes Métropole. 

Le crématorium se met au vert

Outre ces nouveaux aménagements, le site veut réduire son empreinte carbone. « Par exemple, la chaleur issue de la crémation permet de chauffer les locaux du crématorium ; la nouvelle salle est construite sur une base de briques en terre crue et de bois ; des leds ont été installées pour l’éclairage… », énumère la vice-présidente. De plus, le nouveau parc de stationnement de 200 places intègre 10 emplacements réservés aux véhicules électriques, dont la moitié est abritée par des ombrières photovoltaïques.

Une volonté de sobriété qui va au-delà du site en lui-même. « Notre ambition croisait la volonté de respecter autant la planète que la mémoire des défunts, d'allier dignité, poésie, écologie et sobriété », ajoute Flavie Boukhenoufa. En effet, dès 2022, la Métropole mène une concertation pour recueillir une vision plus exhaustive de ce que ce terrain de 2,7 hectares pourrait apporter en plus au crématorium. Ainsi le Comité d’éthique, les prestataires funéraires et des citoyens, répondant à l’appel, proposent l’idée de créer un réel espace dédié à la dispersion des cendres et à l’accompagnement des familles.

Un nouvel espace de dispersion des cendres

C’est au cœur d’une clairière arborée que ce nouvel espace prend vie. Tout en symbole et en élégance se dresse au centre de la clairière L’Orée, l’œuvre conçue par Sophie Cardin pour accueillir les cendres des défunts. Onze blocs de schiste entourent un puits. Au-dessus de celui-ci, un grand disque en acier de trois mètres de diamètre, poli pour offrir une surface semblable à un miroir. Sur le bord de la fosse, un mât vertical en châtaignier de sept mètres de haut sort, créant une ligne visuelle connectant le sol au ciel. « Il s'agit de mettre ensemble les cendres dans un même endroit, et de faire commun dans la mort », souligne l’artiste. Grâce à cette œuvre se dessine une nouvelle « chorégraphie du corps familial, différente de celle des cimetières. On pourra se regarder soit directement, soit à travers le miroir avec le reflet du ciel. »

À proximité de L’Orée, un registre des défunts permet aux familles d’honorer leurs proches. « On voulait proposer aux familles quelque chose de personnalisé, en lien avec le bois de Soeuvres », précise Sabine Girardot. Les familles et les proches ont ainsi la possibilité d’inscrire des noms, des mots sur un feuillage, à l’aide d’un stylet, et de l’accrocher sur un gros rocher de schiste.

Au total, l'extension du crématorium aura coûté 4,5 M€ HT (dont 700 000 € de l'État et 30 000 € de l’Ademe).